A Laval, le 14 janvier 2026
Le Syndicat National Force Ouvrière des Lycées et des Collèges de la Mayenne
(SNFOLC 53) a appris par voie de presse la décision du Conseil départemental
d’installer, dès le mois de février, 128 caméras de vidéosurveillance dans les
collèges mayennais.
Cette décision, prise de manière unilatérale par le président du Conseil
départemental, Olivier Richefou, s’inscrit dans un contexte national marqué par une
surenchère sécuritaire : annonces gouvernementales répétées, interventions des
forces de l’ordre dans les établissements, fouilles de sacs à l’entrée des collèges et
des lycées. Les élèves évoluent déjà dans un climat anxiogène avant même d’entrer
en classe. Ils seront désormais filmés et surveillés par des dispositifs de
vidéosurveillance opérés par des agents « accrédités », sous l’égide des forces de
l’ordre.
Les jeunes ont besoin de sérénité et de moyens pour étudier, non d’un contrôle
permanent par des caméras ou de fouilles policières.
Le SNFOLC rappelle que la mission de surveillance relève déjà des assistants
d’éducation (AED), dont les effectifs sont notoirement insuffisants et dont les
conditions de travail et salariales sont particulièrement précaires.
Le SNFOLC 53 condamne cette décision autoritaire et unilatérale du Conseil
départemental, qui ne répond en rien aux besoins urgents des établissements
scolaires, et constitue une nouvelle atteinte aux libertés.
Le président du Conseil départemental lui-même reconnaît qu’« il n’y a pas
d’élément déclencheur ou de problème de sécurité » ayant motivé cette décision.
Cette orientation sécuritaire aura pourtant un coût démesuré : 450000 euros sont
prévus pour le déploiement de ces caméras, sans compter le visionnage et l’analyse
des images.
Dans le même temps, tous les collèges mayennais sont concernés par la présence
d’amiante (un danger mortel pour les adultes comme pour les élèves), le parc
informatique est largement insuffisamment financé et trop souvent obsolète, et des
travaux d’isolation sont indispensables pour éviter que les salles de classe ne
deviennent des étuves lors des épisodes de canicule.
Le SNFOLC 53 rappelle également que l’installation de dispositifs de
vidéosurveillance n’a fait l’objet d’aucune consultation des conseils d’administration
des collèges. Or, la CNIL précise que « dans un collège ou un lycée, la mise en
place de caméras relève d’une décision du chef d’établissement, après délibération
du conseil d’administration ».
Le SNFOLC 53 dénonce une réponse sécuritaire inefficace et anxiogène, qui ne
répond ni aux besoins des personnels ni à ceux des élèves. Ce dispositif de
surveillance ne fera en réalité qu’aggraver un climat déjà dégradé par une escalade
autoritaire.
Le SNFOLC 53 s’oppose à l’installation de caméras aux abords des collèges et
interpelle la Rectrice ainsi que la CNIL sur cette dérive préoccupante.
Enfin, le SNFOLC 53 poursuit son combat contre la réduction des crédits de
fonctionnement et les suppressions de postes annoncées par le ministère, dans un
contexte d’austérité budgétaire que le projet de loi de finances 2026 ne fera
qu’aggraver.
SN FO LC 53, syndicat FO des collèges et lycées
