Le 16 mars, un CSASD (comité social d’administration spécial départemental, qui remplace les comités techniques (CT) et les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) ) s’est déroulé ; voici la déclaration faite par notre syndicat, le SNFOLC 53 :
Monsieur le Directeur académique, Mesdames et Messieurs les membres du CSASD,
Le SNFOLC53 et sa fédération, la FNEC FP FO 53, rappellent que le bon fonctionnement des instances suppose que les représentants des personnels disposent d’un temps suffisant pour prendre connaissance des documents et préparer les échanges. Une transmission des documents de travail par vos services dans les délais légaux y est donc nécessaire.
L’examen des mesures de carte scolaire pour la rentrée 2026 dans le second degré fait apparaître une tendance très préoccupante pour notre département.
Le bilan global est sans ambiguïté : 12 créations pour 30 suppressions, soit un solde de –18 postes. Cette diminution importante des moyens intervient dans un contexte où les établissements sont déjà confrontés à des difficultés croissantes : effectifs chargés, multiplication des compléments de service, et recours accru aux personnels contractuels.
Les collèges enregistrent à eux seuls une perte nette de 7 postes, touchant plusieurs disciplines comme les lettres modernes, l’histoire-géographie, les mathématiques ou encore les langues vivantes. Dans plusieurs cas, les suppressions sont justifiées par l’existence de postes vacants. Force Ouvrière rappelle que la pénurie d’enseignants ne peut constituer une justification acceptable pour réduire durablement le potentiel d’enseignement dans le département.
La situation est encore plus marquée dans les lycées généraux et technologiques, qui subissent 12 suppressions de postes sans aucune création. Les réductions touchent de nombreuses disciplines et risquent d’entraîner des conséquences directes sur les conditions d’enseignement, notamment en matière de groupes, d’options ou d’accompagnement des élèves.
Par ailleurs, nous constatons un recours très important aux postes neutralisés : plus de soixante dans l’ensemble du second degré. Ce fonctionnement repose largement sur des blocs de moyens provisoires, des compléments de service ou l’affectation de stagiaires. Une telle gestion fragilise la stabilité des équipes pédagogiques et réduit les possibilités de mutation pour les personnels.
Enfin, la transformation de plusieurs postes ordinaires en postes à exigences particulières interroge également, car elle restreint le vivier de candidats et peut conduire à des postes non pourvus.
L’ensemble de ces mesures, justifiées par la baisse démographique, va encore dégrader les conditions de travail des personnels et les conditions d’apprentissage des élèves. Pour le SNFOLC53, cet argument ne tient pas : la baisse démographique pourrait au contraire permettre d’améliorer l’encadrement des élèves et de réduire les effectifs par classe. L’École publique ne doit pas être gérée comme une variable d’ajustement budgétaire.
Nous demandons que ces choix soient réexaminés et que des moyens supplémentaires soient mobilisés afin de garantir une rentrée scolaire 2026 dans des conditions optimales pour les personnels comme pour les élèves.
Voici le compte-rendu de cette réunion :
Etaient présents :
– Représentants des personnels :
Délégation Force Ouvrière : S. Mallard, C. Le Bloa, S. Aligon (représentantes SNFOLC53),
CGT (2), SNES (2), UNSA (2)
-Administration :
M. Audy (DASEN), M. Vauléon (secrétaire général DSDEN), M. Trocherie (DSDEN), Mme Rabbé (DSDEN)
BILAN GLOBAL DES CREATIONS ET SUPPRESSIONS DE POSTES :
le second degré perd 18 postes dans le département !
Collèges : forte baisse des moyens
- Créations : 5
- Suppressions : 12
- Solde : –7 postes : un solde qui confirme une politique de réduction des moyens.
- Lettres modernes : 4 suppressions
- Histoire-géographie : 2 suppressions
- Mathématiques : 1 suppression
- Anglais : 1 suppression
→ Certaines suppressions sont justifiées par :
- mesures de carte scolaire
- postes vacants non pourvus
La suppression de postes parce qu’ils sont vacants entérine la pénurie d’enseignants.
- Suppressions à Mayenne, Laval, Château-Gontier, Meslay-du-Maine, Grez-en-Bouère.
- Plusieurs postes liés à ULIS apparaissent (créations ou neutralisations).
On assiste à un possible redéploiement vers l’inclusion, mais sans moyens globaux supplémentaires.
Lycées généraux et technologiques : le secteur le plus touché, avec des réductions dans toutes les disciplines :
- philosophie
- lettres modernes
- anglais
- histoire-géographie
- SES
- physique-chimie
- SVT
- EPS
- éco-gestion
- industries graphiques
- Créations : 0
- Suppressions : 12
- Solde : –12 postes
Lycées professionnels : des créations qui compensent à peine les suppressions.
→ La plupart sont des transformations de postes ordinaires en postes SPEA (postes à exigences particulières) donc pas de réels moyens supplémentaires.
→ Cela peut également réduire le vivier de candidats au mouvement !
Ex au LP Robert Buron : 4 transformations de poste
- Créations : 7
- Suppressions : 6
- Solde : +1 poste
Bilan total pour le département :
- Créations : 12
- Suppressions : 30
- Solde : –18 postes
Un très grand nombre de neutralisations de postes ( 33 ) avec pour conséquence moins de postes ouverts au mouvement et davantage de précarité dans les affectations. Les raisons invoquées sont : l’attente de l’évolution des besoins, les BMP, les compléments de service, les postes réservés stagiaires, les formations CAPPEI.
Les neutralisations sont un moyen de geler des postes et de couvrir les besoins avec des enseignants contractuels. Il y a moins de postes ouverts au mouvement et plus de précarité dans les affectations.
Conclusion :
On assiste à une réduction nette des moyens, une gestion par le provisoire
(BMP, neutralisations), une tension sur les disciplines générales. Tout cela correspond à une politique de rationalisation budgétaire plutôt qu’un renforcement de l’offre éducative. L’argument de la baisse démographique pour justifier ces mesures ne tient pas : cette baisse pourrait au contraire permettre d’améliorer les conditions de travail des élèves et des personnels. Une telle gestion fragilise la stabilité des équipes éducatives et réduit les possibilités de mutation pour les personnels.
Le SNFOLC53, la CGT, et le SNES ont voté CONTRE ce projet. L’UNSA s’est abstenu.
